Non aux tracasseries contre les civilistes !

Le projet de révision de la loi sur le service civil multiplie les obstacles pour ceux qui souhaitent rendre leur fusil d’assaut et accomplir leur service autrement. Il vise directement des personnes qui, pour des raisons de conscience, ne peuvent plus effectuer de service militaire. Les conséquences se feraient sentir là où elles pèsent le plus : dans les soins, l’accompagnement, l’éducation et la protection de l’environnement.

Jours de service supplémentaires — y compris pour ceux qui ont déjà largement servi dans l’armée —, affectation longue dès la première année pour les recrues, obligation annuelle de service compliquant la conciliation avec le travail, la formation ou la vie de famille : autant de mesures qui visent à rendre le service civil moins attractif pour des motifs purement stratégiques. L’objectif affiché est clair : réduire les admissions de 40 %.

La liberté de conscience sous pression

Le service civil est une expression concrète de la liberté de conscience. Toute personne qui, par conviction, ne peut plus effectuer de service militaire doit pouvoir disposer d’une véritable alternative. C’est précisément ce que cette révision remet en question.

En multipliant les restrictions, elle rend le passage au service civil plus difficile et moins compatible avec les exigences de la vie professionnelle, familiale ou d’une formation.

« Celui qui, pour des raisons de conscience, ne peut plus accomplir de service militaire ne doit pas être pénalisé par des obstacles supplémentaires. Le service civil est une expression de la liberté de conscience et doit rester accessible. »

Un préjudice pour la société et les services essentiels

Les effets ne se limitent pas aux personnes directement concernées. Les civilistes jouent un rôle clé dans de nombreux domaines essentiels, notamment les soins, l’accompagnement, l’éducation et la protection de l’environnement. Restreindre l’accès au service civil, c’est prendre le risque d’un recul tangible des prestations précisément dans ces secteurs déjà sous forte pression.

Une réponse inadaptée à un faux problème

Le projet prétend renforcer l’armée en affaiblissant le service civil. Rien ne garantit que cet objectif sera atteint. En revanche, il est évident que ces mesures s’attaquent aux mauvais leviers : elles ne résolvent aucun problème structurel et risquent, au contraire, d’en créer de nouveaux.

Les délégués du PEV ont rejeté clairement ce projet par 76 voix contre 12, avec 3 abstentions. Cette révision est inutile, déséquilibrée et préjudiciable.

Celles et ceux qui tiennent à la liberté de conscience et aux contributions indispensables du service civil sont invités à voter non.

Les raisons de rejeter l'initiative

Baisse des prestations

Réduire le nombre de civilistes, c’est priver les secteurs social, éducatif et de la santé, ainsi que la protection de la nature et de l’environnement, sans oublier l’agriculture et l’économie alpestre, de forces indispensables.

Sans bénéfices pour l’armée

En rendant l’accès au service civil plus difficile, davantage de personnes chercheront à être déclarées inaptes pour raisons médicales. Résultat : le service civil est affaibli, sans que l’armée n’en tire bénéfice.

L’armée n’en a pas besoin

Les effectifs ne sont pas en danger. De nombreux soldats ne sont même pas comptabilisés dans l’effectif réel, alors qu’ils pourraient être mobilisés en tout temps.

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