MPT: Les nouvelles discriminations de la pensée unique

La pres­sion socié­tale pour l'abolition de toute dis­cri­mi­na­tion est actuel­le­ment très forte. Et la pen­sée unique semble par­fois l'emporter sur les argu­ments ration­nels, ce qui rend la conver­sa­tion citoyenne par rap­port au “Mariage Pour Tous” dif­fi­cile. Voici, pour per­mettre aux votants de se for­ger une opi­nion, quelques par­ti­cu­la­ri­tés de la nou­velle loi pro­po­sée.

Le “Mariage pour tous” (MPT) pro­posé accor­dera aux couples de femmes l'accès à la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée (PMA), mais pas aux couples d'hommes. Le légis­la­teur n'a pas visé l'équité de droit entre dif­fé­rentes formes de mariage, mais crée ici une nou­velle dis­cri­mi­na­tion et entrouvre une porte aux reven­di­ca­tions plus pous­sées liées à la PMA et à la GPA (mères por­teuses, don d'ovules).

Afin d'ouvrir la PMA à une par­tie des couples homo­sexuels, il a fallu réin­ter­pré­ter l'infertilité comme “un vœu non exaucé d'avoir un enfant”, indé­pen­dam­ment de l'existence ou non d'un poten­tiel bio­lo­gique. Il sera dès lors dif­fi­cile de refu­ser des demandes d'individus qui deman­de­ront d'exaucer médi­ca­le­ment leur sou­hait per­son­nel de pro­gé­ni­ture, sans vou­loir l'élever avec un par­te­naire. Le Par­le­ment fait ainsi fi des besoins et des droits des enfants concer­nés et ferme les yeux sur les conséquences pré­vi­sibles. S'il est vrai que de plus en plus d'enfants naissent en dehors d'un couple fonc­tion­nel et gran­dissent avec des per­sonnes de réfé­rence inter­mit­tentes, faut-il que l'État encou­rage ce déve­lop­pe­ment?

Autre avan­tage du MPT pour les couples de femmes : la rente de veuve. Cette rente avait été ins­tau­rée pour les femmes qui, ayant réduit leur acti­vité pro­fes­sion­nelle pour s'occuper des enfants, se retrouvent sans sub­sis­tance après le décès de leur mari. L'accorder aux sur­vi­vantes des couples de femmes est dis­cri­mi­na­toire à plu­sieurs égards ; et là aussi, les couples d'hommes res­tent les mains vides... Sans par­ler du coût sup­plé­men­taire que cela repré­sente pour l'AVS, charge que nous devrons tous sup­por­ter. L'affirmation “on n'enlève rien à per­sonne en auto­ri­sant le mariage pour tous” est de ce fait clai­re­ment fausse !

Le seul aspect sous lequel le MPT réduit les dis­cri­mi­na­tions est qu'il dis­so­cie l'état civil de l'orientation sexuelle, ce qui peut être utile dans cer­taines régions de la pla­nète. Le même résul­tat pour­rait cepen­dant être atteint sans nou­velles inéga­li­tés, par exemple en ouvrant le PACS actuel à des couples hété­ro­sexuels.

Le projet de MPT pro­posé est inabouti, crée de nou­velles dis­cri­mi­na­tions et ouvre la porte à des dérives pré­vi­sibles de la PMA et coû­teuses pour l'AVS. La réforme du PACS serait plus pro­met­teuse pour effec­ti­ve­ment éra­diquer les dis­cri­mi­na­tions au lieu d'en créer de nou­velles.
Ren­voyons ce texte au par­le­ment en votant Non au MPT !

 

François Bach­mann, Pré­sident PEV Vaud